LA FONTAINE (Jean de)

Fables choisies

L'un des plus beaux livres illustrés du XVIII° siècle

Belle et rare édition in-folio des fables de La Fontaine. L'ouvrage est illustré d'un frontispice, d'un portrait et de 275 planches dessinées par Oudry

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2 000 €

Fables choisies.

A Paris, de l’Imprimerie de Valade ; et se trouve chez Belin, Libraire, rue Saint-Jacques, près Saint Yves, 1783. Deux volumes in-folio (26 x 40 cm.) de : (2ff.) – XLVIII – 164 pp. + (2ff.) – IV – 252 pp. ; veau fauve marbré, triple filet doré en encadrement des plats, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, triple filet doré sur les coupes, roulette dorée à l’intérieur, tranches dorées (reliure de l’époque).

Des épidermures et quelques accrocs, notamment en queue de dos du T2 ; des rousseurs par endroits.

L’ouvrage est illustré d'un frontispice par Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), terminé par Dupuy et gravé par Charles-Nicolas Cochin (1715-1790), d’un portrait de Oudry par Larguillière en 1729, gravé par Tardieu, et de 275 figures encadrées dessinées par Oudry et retouchées par Cochin,  gravées sur cuivre par Aveline, Baquoy, Beauvais, Beauvarlet, Cars,Chedel, Chenu, Chevillet, Cochin, etc. L'ouvrage comporte 209 culs-de-lampe à motifs allégoriques ou floraux dont 5 signés et gravés par Le Sueur d'après le peintre ornementaliste Bachelier. 

Un des premiers « livres de peintres », chef-d’œuvre de Jean-Baptiste Oudry. Le peintre animalier Oudry avait exécuté en manière de délassement, de 1729 à 1734, deux cent soixante-seize dessins à grande échelle, inspirés des Fables. Dans son esprit, ces compositions à la plume et au pinceau, réhaussées de gouache, étaient destinées à servir de cartons de tapisserie pour la Manufacture de Beauvais qu'il dirigeait. Trop spontanés pour pouvoir être interprétés directement sur cuivre, les dessins furent confiés au talent de Charles-Nicolas Cochin, considéré comme le premier dessinateur de son temps. Le graveur des Menus-Plaisirs redessina l'ensemble des sujets, assumant la direction artistique du projet. Un des fleurons du livre illustré à travers cinq siècles, tel fut le résultat de la collaboration Cochin-Oudry, sans omettre les autres protagonistes de l'entreprise. L'édition en quatre volumes in-folio n'aurait jamais vu le jour sans l'action décisive de Jean-Louis Regnard de Montenault. Il fit l'acquisition des dessins originaux et décida de les éditer, soutenu par le banquier Darcy. Il lui fallut neuf ans pour venir à bout d'un projet qui fut sans doute le plus ambitieux du XVIIIème siècle pour l'illustration d'un texte littéraire. Dès 1751, il obtint l'autorisation d'installer dans son hôtel particulier, rue Sainte-Anne, les presses de taille-douce pour le tirage des estampes. Jombert fut chargé de l'impression du texte. Quarante graveurs furent réunis par Cochin, pour mettre en œuvre plus de deux cent cinquante mille épreuves (tels Baquoy, Tardieu, Aveline, Le Bas, Le Mire, Fessard, Chedel, etc.) . Les souscriptions furent si lentes à venir qu'on fit appel au roi Louis XV qui donna 80 000 livres pour permettre au dernier volume de paraître. 

Bel exemplaire, de cette rare réimpression du « La Fontaine de Oudry », l’un des plus beaux livres illustrés du XVIII° siècle ; cet ouvrage est illustré d’un frontispice, d’un portait de Oudry, et de 275 gravures, dessinées par Jean-Baptiste Oudry, grand maitre de la peinture animalière au XVIII° siècle.