CLEIRAC (Étienne)
Les us et coutumes de la mer, divisés en trois parties
L’exemplaire de Léo Drouyn
Le livre de référence pour la connaissance du droit maritime avant le XVIII° siècle. Cleirac affirme que les Basques ont découvert Terre-Neuve et le Canada cent ans avant Christophe Colomb.
1 300 €
Les us et coutumes de la mer, divisés en trois parties.
I. De la navigation
II. Du commerce naval & contrats maritimes
III. De la juridiction de la marine.
Avec les règlements de la navigation des fleuves & rivières, & les principaux édits, règlements, arrêts & jugements rendus sur le fait du commerce de la mer.
A Amsterdam, 1788. Un volume in-4° (20 x 24,8 cm.) de : (2ff.) – 384 pages, basane fauve marbrée de l’époque, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin vieux rouge, filet doré sur les coupes, tranches rouges (accroc avec perte de cuir sur la coiffe supérieure et fente sur un mors inférieur ; perte de papier dans la marge inférieure des pages 69/70, sans perte de texte ; feuillets roussis).
Le livre de référence pour la connaissance du droit maritime avant le XVIII° siècle. C’est Étienne Cleirac (1583-1657), jurisconsulte bordelais, qui eut le premier l’idée de recueillir tous les textes et documents officiels concernant le droit maritime, c’est dire l’importance de ce traité d’abord paru en 1647 à Bordeaux. Dans la partie consacrée à la pêche à la baleine sur les côtes de Guyenne (pp. 71-79), l’auteur affirme que les Basques ont découvert Terre-Neuve et le Canada cent ans avant Christophe Colomb, et que c’est un pilote de Terre-Neuve qui lui en révéla l’existence. « De sorte que suivant cette route, ils ont découvert cent ans avant les navigations de Christophe Colomb, le grand et petit banc des morues, les terres de Terre-Neuve, de Cap-Breton et Baccalieu (Qui est à dire Morue en leur langage), le Canada ou Nouvelle-France, où c’est que les mers sont abondantes et foisonnent en baleines. » (Jugements d’Oléron – page 76, n°40).
Les us et coutumes de la mer est l’œuvre majeur d’Étienne Cleirac ; publiée pour la première fois en 1647, puis rééditée en 1660, 1671 et 1788, cette dernière édition est extrêmement rare, voir introuvable. L’ouvrage fut traduit dans différentes langues et repris comme le texte de référence par les grandes nations maritimes de son temps. Le livre de Cleirac est cité comme référence par l’Encyclopédie de 1765, Thomas Jefferson, qui possède l'exemplaire de 1661 dans la bibliothèque de Monticello, le considère comme un ouvrage de référence. Les tribunaux américains, y compris la Cour Suprême, s'y réfèrent plus d'une douzaine de fois entre 1839 et 1970.
Appartenance : Léo Drouyn (ex-libris manuscrit sur le titre). Léo Drouyn (1816-1896) était un architecte, archéologue, peintre, dessinateur et graveur français. Artiste et savant girondin, il a laissé au milieu du XIXe siècle, un fonds iconographique exceptionnel sur le patrimoine aquitain autour de 1850, quarante ans avant les premiers témoignages photographiques : l’œuvre retrouvée est riche de plus de 5 000 dessins et près de 1 550 gravures. Il participa, dans la lignée de Victor Hugo et du mouvement romantique, à la redécouverte et au triomphe du Moyen Âge. Il fut élu membre de l'Académie Impériale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux en 1850 , Président de l'Académie de Bordeaux en 1872, et médaille d'or de la gravure à l’eau-forte à l'Exposition annuelle des Beaux-Arts à Paris en 1867. Plusieurs rues portent son nom, un buste est placé à côté de la cathédrale Saint-André à Bordeaux. Léo Drouyn fut un auteur prolifique : il publia de très nombreux articles dans des revues savantes et d’ouvrages concernant l’histoire de Bordeaux et de la Guyenne (Bordeaux vers 1450 / La Guienne anglaise et la Guienne militaire / Guide du voyageur à Saint-Émilion / l’architecture au Moyen Âge dans le département de la Gironde, etc.). Par ailleurs, ses albums de dessins, ses notes et ses croquis sont une source d’informations inestimable pour la connaissance du patrimoine monumental français avant les grandes restaurations de Viollet-le-Duc.
Bel exemplaire, de l’un des ouvrages les plus importants sur le droit maritime du XVII° siècle écrit par un bordelais, et ayant appartenu à Léo Drouyn, fabuleuse mémoire du patrimoine de la Gironde.